Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes (2000)

Le Val de Loire est un paysage culturel exceptionnel, comprenant des villes et villages historiques, de grands monuments architecturaux - les châteaux - et des terres cultivées, façonnées par des siècles d’interaction entre les populations et leur environnement physique, dont la Loire elle-même.

Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes
Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes
Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes
Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes
Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes
Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes
Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes
Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes

Valeur Universelle Exceptionnelle

Critère (i) : Le Val de Loire est remarquable pour la qualité de son patrimoine architectural, avec ses villes historiques telles que Blois, Chinon, Orléans, Saumur et Tours, mais plus particulièrement pour ses châteaux de renommée mondiale, comme celui de Chambord.

Critère (ii) : Le Val de Loire est un paysage culturel exceptionnel le long d’un grand fleuve. Il porte témoignage sur un échange d’influences de valeurs humaines et sur le développement harmonieux d’interactions entre les hommes et leur environnement sur deux mille ans d’histoire.

Critère (iv) : Le paysage du Val de Loire, et plus particulièrement ses nombreux monuments culturels, illustre à un degré exceptionnel les idéaux de la Renaissance et du siècle des Lumières sur la pensée et la création de l’Europe occidentale.

Description longue

Le Val de Loire est un remarquable paysage culturel s’étirant le long d’un fleuve, qui témoigne des échanges de valeurs entre les hommes et du développement harmonieux de l’interaction entre l’homme et son environnement naturel, cela pendant plus de deux millénaires. Il conserve un patrimoine architectural important avec des villes comme Blois, Chinon, Orléans, Saumur et Tours, mais surtout des châteaux célèbres dans le monde entier, comme celui de Chambord.

Le bassin de la Loire occupe une vaste zone du centre et de l’ouest de la France, du sud du Massif central à l’estuaire du fleuve, sur la côte atlantique. La partie qui s’étend de Sully, à l’est d’Orléans, à la jonction entre la Loire et le Maine, près d’Angers, représente quelque 200 km. C’est pour l’essentiel la « nouvelle Loire », puisque le fleuve s’écoulait à l’origine vers le bassin parisien, au nord-est. Cette partie du fleuve est aujourd’hui divisée entre deux régions (Centre et Pays de la Loire) et quatre départements. Le long de la Loire, entre Orléans et Angers, la vallée se caractérise par de basses falaises de tuffeau et de calcaire et, souvent sous une ou plusieurs terrasses fluviales, par une plaine alluviale parcourue d’anciens chenaux. La vallée possède une longue histoire d’inondations catastrophiques dont le souvenir est rappelé, un peu partout, par des marques gravées dans la pierre indiquant le niveau atteint par l’eau. Même aujourd’hui, ses habitants vivent en permanence sous la menace des inondations. Différents aménagements effectués sur le cours du fleuve cherchent à minimiser ces risques.

Dans sa plus grande partie, le site classé sur la Liste du patrimoine est encadré par des levées de terre. Ses rives sont jalonnées par une série de villages et de villes petites ou grandes situés à faible distance les uns des autres. Les agglomérations les plus importantes, du nord-est au sud-ouest sont Sully, Orléans, Blois, Amboise, Tours, Saumur et Angers. L’exploitation du sol est très diversifiée, d’une urbanisation très dense à une horticulture intensive, de vignobles (certaines activités dépendant des inondations) aux réserves de chasse.

L’impact romain sur le paysage a été décisif, et explique encore aujourd’hui la distribution des sites, les formes d’urbanisme et le réseau viaire. La Loire était l’un des principaux axes de communication et de commerce de la Gaule. Vers 372, à la fin de l’époque romaine, saint Martin, évêque de Tours, fonda une abbaye à Marmoutier. Elle devait servir de modèle à de nombreux autres établissements monastiques de la vallée de la Loire au cours des siècles suivants.

Le sanctuaire de Tours était l’un des plus importants centres de pèlerinage d’Europe, jusqu’à ce qu’il soit supplanté par celui de Saint-Jacques-de-Compostelle. Au Moyen Âge, l’habitat se développa à proximité immédiate des nombreux monastères. Le pouvoir seigneurial, qui se développa au Xe siècle, a laissé une trace profonde dans le paysage. Les attributions de terres se firent en fonction des principes de la société féodale, et des résidences puissamment fortifiées, près desquelles se formèrent de nouveaux habitats, furent alors construites par les seigneurs.

Zone frontière au cours de la guerre de Cent Ans, la vallée de la Loire vit s’affronter, à de multiples reprises, troupes françaises et anglaises. Les châteaux furent reconstruits, agrandis et transformés en de massives forteresses qui ont précédé les châteaux actuels. La menace que faisait peser l’Angleterre, au cours de toute cette guerre, poussa la Cour royale à faire de longs séjours Tours. À la fin de la guerre, au milieu du XVe siècle, la vallée offrait un terreau idéal à l’humanisme, et la Renaissance prit racine en France, ce qui entraîna notamment le démantèlement des grandes forteresses médiévales et leur reconstruction sous forme de palais consacrés au plaisir et aux divertissements.

Les XVIIe -XVIIIe siècles marquent le développement d’une économie commerciale séculière fondée sur l’industrie, l’artisanat, le commerce, la navigation fluviale, encadrée par les villes telles qu’elles s’étaient développées selon le système féodal de l’Ancien régime. À la fin du XVIIIe siècle, on réalisa dans la vallée les premiers aménagements visant à contrôler le cours du fleuve, travaux qui s’accélérèrent pendant tout le XIXe siècle. La représentation romantique de la vallée par des écrivains et des peintres du XIXe siècle y attira des touristes, d’abord venus de France, puis d’Europe, enfin du monde entier, au XXe siècle.

Description historique

L’occupation humaine de la vallée de la Loire remonte à la préhistoire et à la protohistoire. L’influence romaine a profondément marqué le paysage et reste aujourd’hui très forte puisqu’en dépendent encore les lieux et la forme (urbaine particulièrement) des établissements humains et des voies de communication. La Loire était l’un des axes majeurs de communication et de commerce de la Gaule.

Dans la dernière période gallo-romaine, vers 372, saint Martin, évêque de Tours, fonda l’abbaye de Marmoutier qui servit de modèle à de nombreux établissements monastiques du Val de Loire dans les siècles suivants. Le sanctuaire de Tours était l’un des principaux lieux de pèlerinage en Europe jusqu’à ce qu’il soit remplacé par Saint-Jacques-de-Compostelle. Les nombreux monastères servirent de points de convergence pour les implantations au Moyen Âge.

Le pouvoir seigneurial se développa au Xe siècle et marqua profondément le paysage. La société féodale investit les terres et les seigneurs se construisirent des châteaux fortifiés qui attiraient également autour d’eux l’installation de villages. La vallée de la Loire fut une zone frontière pendant la guerre de Cent Ans et le lieu de nombreuses luttes entre Français et Anglais. Les châteaux furent reconstruits, agrandis, et devinrent des forteresses massives, les ancêtres des châteaux d’aujourd’hui.

Le danger permanent que représentaient les Anglais pour Paris a poussé la cour du roi à séjourner longuement à Tours. La paix revenue au milieu du XVe siècle, la vallée fut le lieu idéal où s’enracinèrent l’Humanisme et la Renaissance en France. Ainsi furent démantelées les grandes forteresses médiévales, remplacées par des châteaux de plaisance et d’agrément.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, parallèlement à la survivance féodale de l’Ancien Régime, se développa une économie séculière basée sur l’industrie, l’artisanat, le commerce, les transports, le fleuve et les villes. A la fin du XVIIIe siècle furent réalisés les premiers ouvrages de régulation du fleuve, qui furent complétés tout au long du XIXe siècle.

Les représentations romantiques de la vallée que donnèrent les écrivains et les peintres du XIXe siècle attirèrent les touristes vers la Loire, venus d’abord de France, puis d’Europe, puis, au XXe siècle, du monde entier. L’intérêt porté aux attraits naturels du Val et à ses monuments encouragea les efforts de préservation du patrimoine paysagé et de ses monuments, de ses villes et de ses structures rurales.

publié le 09/07/2014

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