Abbatiale de Saint-Savin sur Gartempe (1983)

Surnommée la « Sixtine romane », l’abbaye poitevine de Saint-Savin est décorée de très nombreuses et très belles peintures murales des XIe et XIIe siècles qui nous sont parvenues dans un état de fraîcheur remarquable.

Brève description

L’abbatiale de Saint-Savin sur Gartempe, fleuron de l’art roman en Poitou-Charentes, s’impose par ses peintures murales commanditées par les moines bénédictins de ce haut lieu de l’architecture monastique. Au XIXe siècle, grâce à l’initiative de Prosper Mérimée, alors Inspecteur général des Monuments Historiques, les peintures, datées de la fin du XIe-début XIIe siècles, ont été sauvées. De nombreux travaux et campagnes de restauration visant à sauvegarder les peintures ont alors été entrepris. L’église, classée en 1840 sur la première liste des monuments historiques, continue encore de faire l’objet de toutes les attentions des restaurateurs. Cet ensemble exceptionnel a été surnommé par André Malraux la « Sixtine de l’époque romane ».

L’église fut inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1983, au titre des critères d’évaluation (i) représenter un chef-d’œuvre du génie créateur humain et (iii) apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue. L’image, en effet, à travers le cycle mural de Saint-Savin, est l’héritage d’un passé, celui d’une culture et enfin celui d’une histoire, celle d’où l’on vient.

Abbatiale de Saint-Savin sur Gartempe
Abbatiale de Saint-Savin sur Gartempe
Abbatiale de Saint-Savin sur Gartempe - intérieur

Description historique

Il faut remonter à l’époque carolingienne pour comprendre les origines de la fondation de l’abbaye de Saint-Savin. Sur les conseils de Louis Le Pieux, Benoit d’Aniane réforme l’abbaye et y instaure la règle bénédictine. L’abbaye rayonne ainsi sur toute l’Aquitaine au milieu du IXe siècle. L’abbaye acquerra un prestige tel que, à la demande royale, des moines de Saint-Savin seront envoyés dans d’autres régions pour réformer et fonder de nombreux monastères et abbayes.

Au XIe siècle, elle bénéficie de la protection des comtes du Poitou. L’on croit pouvoir voir dans la donation d’Aumode, comtesse du Poitou, les assises financières sur lesquelles s’est appuyée la construction de l’église romane, parvenue jusqu’à nous dans ses belles proportions d’église-halle. Les bâtiments conventuels n’ont, quant à eux, pas pu résister aux ravages causés par les guerres de Religion. L’édifice monastique actuel date de la période du relèvement de l’abbaye par les moines bénédictins réformés de l’ordre de Saint-Maur vers 1680. C’est pourquoi, au style roman de l’abbatiale, se superpose, dans des volumes harmonieux, la facture classique du corps de bâtiment monastique.

publié le 21/11/2014

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