Reconstruction des mausolées à Tombouctou

La Directrice générale de l’UNESCO s’est rendue vendredi 17 et samedi 18 juillet 2015 au Mali pour visiter les mausolées reconstruits de Tombouctou. Ces mausolées, édifiés au XIIIème siècle et inscrits au Patrimoine mondial en 1988, avaient été détruits par les djihadistes en 2012.

Irina Bokova était accompagnée de plusieurs ministres maliens, de diplomates européens et du représentant spécial adjoint de la mission de l’ONU au Mali, Arnauld Akodjènou. Outre la visite des mausolées reconstruits grâce à la contribution de l’UNESCO, Irina Bokova a également visité des mosquées et des bibliothèques et a rencontré des associations de jeunes et des autorités religieuses. Elle a été reçue par le Président Ibrahim Boubacar Keïta.

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Huit mausolées déjà reconstruits

Sur les seize lieux saints détruits par les djihadistes il y a trois ans, huit ont déjà pu être reconstruits grâce à mobilisation des Maliens et à la participation de l’UNESCO. Les autres mausolées devraient être rebâtis avant la fin de l’année. Jusqu’ici, trois millions de dollars sur les onze millions prévus pour le projet de reconstruction ont été mobilisés. Des méthodes de construction traditionnelles ont été utilisées et la reconstruction a permis la création de 140 emplois.

Ce projet de restauration comprend aussi la restauration de manuscrits. Près de 4 000 manuscrits ont été volés, perdus ou brûlés. 370 000 documents ont tout de même pu être mis en sécurité à Bamako. Ils sont désormais aux soins des archivistes de la ville qui les classent et les numérisent.

Le projet dans son ensemble devrait durer quatre ans.

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Un appui aux accords de paix

Lors d’une conférence de presse donnée à Bamako, Irina Bokova a déclaré : « c’est par la reconstruction des mausolées que nous pouvons aussi accompagner les accords de paix et restaurer l’identité de la ville, connue à travers le monde ». La reconstruction des mausolées vient en effet soutenir l’accord de paix conclu le 20 juin 2015.

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La saisine de la Cour Pénale Internationale par l’UNESCO

Irina Bokova a également annoncé que l’UNESCO avait saisi la Cour pénale internationale (CPI) concernant les destructions, par les djihadistes, des mausolées de Tombouctou. Elle a déclaré avoir rencontré la Procureure et espérer que le cas serait présenté rapidement devant la CPI. Elle a ajouté : « Détruire un patrimoine culturel est considéré comme un « crime de guerre » selon la convention de La Haye ».

publié le 24/07/2015

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