Les Réserves de biosphère en France

Le comité français du MAB

[Le comité français du MAB établi pour mettre en œuvre le programme l’Homme et la biosphère en France est géré par l’association MAB France www.mab-france.org/fr/ . Il anime et conforte le réseau national de Réserves de biosphère, assure la liaison entre les communautés française et internationale intéressées par ce programme qui allie science, éducation, gestion et conservation de la biodiversité, et développe des coopérations internationales dans ce cadre. Retrouvez le programme MAB FRANCE en vidéo.

Le comité MAB et les Réserves de biosphère françaises participent activement au réseau régional EUROMAB qui regroupe les comités et Réserves de biosphère des pays d’Europe et d’Amérique du Nord. Ce réseau se réunit régulièrement, organise des formations, des échanges de pratiques et d’expériences. D’autres coopérations existent également, avec des Réserves de biosphère d’Afrique francophone par exemple. Plusieurs Réserves de biosphère françaises ont des relations durables avec des sites à l’étranger.

Les réserves de biosphère française sont les suivantes :

Réserve de biosphère de Camargue (1977)

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© J.E. Roché - PNR Camargue - site Réserve de biosphère de
Camargue
(delta du Rhône)

Entre le fleuve Rhône et la mer Méditerranée, la Réserve de biosphère de Camargue couvre l’ensemble du delta biogéographique du Rhône, depuis sa révision effectuée en 2006. Zone naturelle immense, elle se situe entre deux régions très densément peuplées aux portes des agglomérations de Montpellier, Nîmes, Arles et Marseille et du site industriel de Fos-sur-Mer.

Paysage essentiellement horizontal, la Camargue présente pourtant de nombreux bombements sources de diversité : bourrelets alluviaux des bras anciens et actuels du Rhône et cordons dunaires élaborés par les courants marins et les rivages historiques de la Méditerranée. Entre ces replis encore en partie boisés, dans les dépressions, se répartissent des terres basses occupées par les lagunes bordées de steppes salées, les marais à roselières en partie exploités pour la coupe du roseau et les étangs - dont le plus grand, le Vaccarès, occupe 6 500 hectares .

Réserve de biosphère de la Vallée du Fango (1977)

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La Réserve de biosphère de la vallée du Fango englobe le bassin versant du Fango, torrent de montagne se jetant dans le golfe de Galeria en Corse. Elle s’étend de la mer Méditerranée jusqu’à une altitude de 2 556 mètres, offrant tous les étages intermédiaires d’une vallée méditerranéenne.

Dans un cadre grandiose s’écoule le torrent du Fango réputé pour ses eaux limpides, d’excellente qualité chimique, pauvres en sels minéraux, et pour ses truites endémiques. Les paysages escarpés de la haute vallée sont le domaine du mouflon de Corse, du gypaète barbu et de l’aigle royal. La yeuseraie du Fango est une futaie remarquable, considérée comme une des plus anciennes du bassin méditerranéen. L’embouchure du Fango est une mosaïque de milieux riche biologiquement : avifaune, amphibiens, reptiles...

Réserve de biosphère de la commune de Fakarava (1977)

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La Réserve de biosphère de la commune de Fakarava est située en Polynésie française, dans l’archipel des Tuamotu, à 360 kilomètres au nord-est de l’île de Tahiti.
Elle est formée par 7 îles basses d’origine corallienne ou atolls : Aratika, Fakarava, Kauehi, Niau, Raraka, Taiaro, et Toau. Ces atolls sont très différents les uns des autres par leur taille, leur forme, leur ouverture sur l’océan, leur population et les activités qui y sont exercées. Son caractère est unique : on y trouve des petits lagons fermés comme ceux de Taiaro et Niau, le premier étant sursalé alors que le second est saumâtre. Et de grands lagons ouverts sur l’océan comme celui de Fakarava, qui possède la plus grande passe de Polynésie française large de 1 600 mètres.

Des formations coralliennes, des herbiers de phanérogames marines, des mares à “kopara ”, des forêts primaires à “puatea” (Pisonia grandis), des cocoteraies, et d’autres formations végétales caractéristiques des atolls de Polynésie française, offrent une grande diversité de paysages. La faune et la flore sont remarquables, comptant des espèces rares, protégées et endémiques. Citons le martin chasseur ou “koteuteu” (Todiramphus gambieri niauensis), espèce animale endémique stricte à l’atoll de Niau. Le patrimoine culturel est également riche, rassemblant de nombreux vestiges archéologiques tels que des marae, des anciennes fosses de culture ou maite, des légendes, etc.

En intégrant un réseau international reconnu, la municipalité et les habitants de la commune de Fakarava souhaitent faire reconnaître l’importance qu’ils attachent à la préservation et la valorisation de leur patrimoine naturel et culturel riche, hérité de leur ancêtre. Ils s’engagent aussi à promouvoir un développement durable des îles, et notamment du tourisme et de l’exploitation des ressources naturelles dont ils dépendent.

Réserve de biosphère des Cévennes (1984)

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Située au sud du Massif central, la Réserve de biosphère englobe des paysages majestueux aussi contrastés que les Causses calcaires, les massifs granitiques de l’Aigoual et du mont Lozère et les montagnes schisteuses des Cévennes. Ces entités trouvent leur origine dans la diversité géologique, topographique et climatique, mais aussi dans les activités humaines, notamment agropastorales, qui s’exercent sur ce territoire depuis des siècles.

La biodiversité de la Réserve de biosphère, riche mais fragile, repose sur une activité humaine diversifiée et de faible intensité, qui favorise le maintien ou la restauration des milieux ouverts, contribue à la préservation d’espèces rares ou protégées, végétales et animales.C’est la reconnaissance de ce rôle des activités humaines qui a valu sa demande de désignation en réserve de biosphère en 1985.

Réserve de biosphère des îles et de la mer d’Iroise (1988)

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La Réserve de Biosphère des ïles et de la mer d’Iroise comporte 3 îles habitées (Ouessant, Sein et Molène), ainsi que l’archipel de Molène constitué d’une vingtaine d’îlots, et les parties marines entre les îles.

Les principaux écosystèmes du domaine biogéographique atlantique (insulaires, littoraux et marins) y sont représentés : le milieu marin, l’estran, les falaises avec végétation des côtes atlantiques, les landes, les prairies.

A terre comme en mer, les communautés insulaires ont développé et gardé une culture originale. Ses paysages et sa biodiversité exceptionnels en font une destination privilégiée pour la recherche, le tourisme et la création artistique.

Réserve de biosphère du Mont Ventoux (1990)

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Véritable condensé des Alpes à la Méditerranée, la Réserve de Biosphère du Mont Ventoux s’organise autour du « géant de Provence », caractérisé par un impressionnant télescopage biologique. Les habitats et les espèces d’origine méditerranéenne et alpine s’y juxtaposent, du fait d’un fort gradient d’altitude d’une part et de forts contrastes entre les versants sud et nord d’autre part.

Le Mont Ventoux est une terre de contrastes par son altitude (1909 m) et sa situation géographique intermédiaire entre le monde tempéré et méditerranéen. Ainsi, le massif présente une étonnante diversité de milieux, abritant de nombreuses espèces végétales et animales, dont certaines constituent de vraies raretés.

Réserve de biosphère de l’archipel de Guadeloupe (1992)

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Au cœur de l’arc antillais, la Réserve de biosphère de l’archipel de Guadeloupe englobe la Basse Terre et presque intégralement la Grande Terre. La Basse Terre abrite le massif montagneux volcanique de la Soufrière, entouré d’une forêt tropicale humide à la biodiversité élevée.

Le bras de mer de la Rivière salée la sépare de la Grande Terre, formation calcaire de faible altitude. Au nord, entre les deux îles, la baie du Grand-Cul-de-Sac Marin recèle des mangroves, des forêts marécageuses d’eau douce, des prairies humides. Ses parties marines sont constituées d’herbiers et de récifs coralliens. Les parties marines de la Réserve de biosphère sont peuplées par de nombreuses espèces dont des cétacés. Quelques ilets (Pigeons, Fajou, Kahouanne, Tête à l’Anglais etc.) en font également partie.

La richesse du patrimoine culturel s’illustre à travers les coutumes et savoir-faire locaux mais aussi par des spécificités artistiques marquées. Cette richesse est imprégnée des évènements forts de l’histoire de la Guadeloupe comme la présence des civilisations amérindiennes ou l’époque de l’esclavage.

Réserve de biosphère du Luberon-Lure (1997)

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En 1997, le Parc naturel régional du Luberon, créé en 1977, a été intégré au réseau des Réserves de biosphère. Il est limité au sud et à l’est par la vallée de la Durance, l’un des cours d’eau les plus importants au sud-est du Rhône, qui ménage des zones humides de très grand intérêt. Ce territoire est composé de plaines et de collines méditerranéennes irriguées par plusieurs cours d’eau au régime torrentiel irrégulier (Calavon, Largue, Lauzon notamment). Les chaînons montagneux de Provence d’orientation est-ouest que sont le massif du Luberon (1 125 m) et les Monts de Vaucluse (1 256 m) le dominent et reçoivent des influences alpines sensibles.

Habité depuis très longtemps, cet espace est connu pour l’intérêt de son patrimoine biologique et géologique. L’histoire humaine y est particulièrement riche et a laissé de nombreuses traces : un patrimoine bâti de grande qualité (villages, châteaux et édifices religieux, patrimoine industriel, patrimoine vernaculaire, etc.), mais aussi des pratiques et des savoir-faire encore vivants, en particulier en relation avec une agriculture variée (viticulture, arboriculture, céréaliculture, maraîchage, plantes à parfum, élevage, notamment ovin).

Réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais (1998)

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Située à 60 kilomètres au sud de Paris, la Réserve de biosphère comprend trois grands ensembles : une grande moitié ouest à dominante agricole, l’emblématique forêt de Fontainebleau au centre, et le Val de Seine à l’est. La forêt et le patrimoine culturel remarquable de la région, dont le Château de Fontainebleau, patrimoine mondial de l’Unesco, attirent chaque année des millions de visiteurs.

Le territoire recèle une grande biodiversité (environ 5 000 espèces végétales et 6 600 espèces animales connues) et des habitats diversifiés : landes humides, prairies calcaires, forêts de ravins, tourbières, boisements anciens et hêtraies, platières de grès typiques... liés à la diversité des sols et à la situation géographique du territoire et ses diverses influences climatiques.

Réserve de biosphère transfrontalière des Vosges du Nord-Pfälzerwald (1998)

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Le territoire de la Réserve de biosphère Vosges du Nord-Pfälzerwald n’est pas seulement riche de son homogénéité géologique et patrimoniale. Ses richesses viennent aussi de la rencontre des influences de l’océan et du continent, dessinant un territoire frontière de deux influences climatiques, dont les milieux et les espèces, parmi les plus remarquables d’Europe, trouvent ici leurs limites de répartition.
Ici plus qu’ailleurs, l’histoire des hommes a imposé ses cassures. Des hordes celtes aux légions romaines, des seigneurs médiévaux aux empereurs modernes, tous les conquérants se sont disputés et partagés cette terre, entre Rhin et Moselle. Les grandes tragédies européennes se sont écrites ici jusqu’à la seconde guerre mondiale, la plus meurtrière.

Tout cela fonde la Réserve de biosphère Vosges du Nord-Pfälzerwald, contribution modeste et précieuse au grand dessein de l’Europe et à l’effacement d’une frontière artificielle au bénéfice d’une nature retrouvée. Des deux côtés de la frontière, c’est bien le même grès, les mêmes ruisseaux, la même forêt, abritant des milieux naturels similaires et des espèces animales et végétales identiques.

Réserve de biosphère du bassin de la Dordogne (2012)

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La rivière Dordogne traverse un territoire remarquable par sa nature encore préservée, son patrimoine culturel exceptionnel et un art de vivre marqué par l’empreinte de la rivière. L’économie de son bassin, largement touristique, agricole et sylvicole mais aussi industrielle, profite des ressources naturelles, de la beauté des paysages et de l’image de marque que procurent la rivière Dordogne et ses nombreux affluents.
Maintenir la symbiose entre la nature et l’homme qui caractérise le bassin de la Dordogne est une responsabilité, collective et individuelle, quotidienne et à long terme.

Préserver le patrimoine fluvial du bassin de la Dordogne, les ressources et les bienfaits qu’il dispense est une condition du développement futur de ce territoire.
La réserve mondiale de biosphère du bassin de la Dordogne doit stimuler l’imagination et l’énergie des acteurs du territoire pour l’inscrire durablement dans une démarche de progrès où la prise en compte de l’environnement est perçue comme un atout et une chance.

Réserve de biosphère transfrontalière du Mont Viso (2013)

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Le territoire français de la Réserve de biosphère du Mont Viso, composé de petites villes et de villages perchés, entouré de pics culminant à plus de 3000 m, se situe en zone de moyenne et de haute montagne. L’accès y est limité en raison de ses caractéristique géographiques : gorges, sommets, routes sinueuses, vallées retirées. Cette difficulté d’accès lui permet aujourd’hui de vanter ses richesses naturelles dont témoigne le continuum d’espaces naturels franco-italien, sa culture et ses savoir-faire.

Différents organismes sont au coeur de la gestion du territoire (Etat avec Natura 2000, Pays, Communautés de communes, Parcs naturels régionaux) afin d’ y promouvoir un développement durable. .

Il aura fallu dix années pour parvenir à la désignation de la Réserve de biosphère. Cette idée de valoriser et de faire reconnaître par l’UNESCO cette coopération historique a été une réelle motivation pour de nombreux projets franco‐italiens en termes scientifiques, écologiques, économiques, sociaux et culturels. Le potentiel d’une Réserve de biosphère transfrontalière a trouvé, à travers ces actions, une véritable consistance pour les acteurs du territoire.

Réserve de biosphère du Marais audomarois (2013)

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© Conservatoire d’espace naturel du Nord et du Pas-de-Calais - Site de la Réserve de biosphère du
Marais Audomarois

Le Marais audomarois se situe à la rencontre entre l’Artois et la Flandre. Vaste de 3726 ha, riche de 700 km de canaux, de paysages pittoresques, de 300 espèces de plantes dont 40 légalement protégées, de plus de 200 espèces d’oiseaux, de 26 espèces de poissons, c’est véritablement un site privilégié.

Depuis plus de 10 ans, leur engagement s’est illustré par des actions concrètes de restauration, de valorisation et d’éducation. Deux documents d’objectifs ont déjà vu le jour et ont dépassé les attentes en terme de retombées positives pour le territoire. Ce sont notamment une implication de plus en plus forte des associations locales, des partenaires et des habitants mais également des reconnaissances dépassant nos frontières comme le site Ramsar et la Réserve de biosphère qui constituent des distinctions fortes et une reconnaissance des particularités du territoire et de notre travail.

Réserve de biosphère des gorges du Gardon (2015)

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Au sein des plateaux calcaires du Languedoc, le Gardon a creusé ses gorges sur une trentaine de kilomètres ondulant à travers le paysage méditerranéen de l’Uzège. Donnant son nom au département du Gard, la rivière prend naissance dans les vallées cévenoles. Elle traverse ensuite la plaine de la Gardonnenque, le massif karstique du nord de Nîmes et termine sa course en se jetant dans le Rhône.

La Réserve de biosphère des gorges du Gardon s’étend ainsi sur plus de 45 000 hectares mariant garrigues, plaines agricoles et yeuseraies, bordés par une agglomération de plus de 250 000 habitants. Les gorges du Gardon constituent un haut lieu de la biodiversité dont les pouvoirs publics ont souhaité garantir la préservation en instaurant différentes mesures réglementaires dès les années 1980, telles que la classification du site selon la loi du 2 mai 1930 et une partie de celui-ci en Réserve naturelle régionale.

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publié le 30/08/2016

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