Gwoka : musique, chants, danses et pratique culturelle représentatifs de l’identité guadeloupéenne

« Le Gwoka : musique, chants, danses et pratique culturelle représentatifs de l’identité guadeloupéenne » (France) a été inscrit le 26 novembre 2014 sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

Qu’est-ce que le Gwoka ?

Le gwoka est l’un des éléments les plus emblématiques de la société guadeloupéenne. Il combine le chant responsorial en créole guadeloupéen, les rythmes joués aux tambours ka et la danse, réalisée par un(e) soliste devant les tambours. Le gwoka associe ces trois domaines d’expression en valorisant les qualités individuelles d’improvisation. Les participants et le public forment un cercle dans lequel les danseurs et le soliste entrent à tour de rôle, en faisant face aux tambours.

Où se pratique le Gwoka ?

À l’origine pratiqué essentiellement par les descendants des déportés africains mis en esclavage, l’on retrouve ainsi des éléments constitutifs du gwoka actuel dès le XVIIème siècle. En se rassemblant malgré les interdits du Code Noir pour jouer du tambour, chanter et danser, ils en ont fait un espace de résistance à la déshumanisation et à l’acculturation, assurant ainsi sa viabilité.

Le gwoka traditionnel s’est aujourd’hui étendu à toutes les couches sociales et économiques, tous les groupes ethniques et religieux de la société guadeloupéenne. Plusieurs milliers de personnes y participent assidûment chaque semaine dans les écoles et les associations de gwoka, ou lors de performances informelles en ville comme à la campagne, de jour ou de nuit. Le gwoka peut se jouer de manière organisée ou spontanée.

Le gwoka se fait aussi sur scène pendant les fêtes de quartier, dans les festivals en plein air ou dans les salles de spectacle. Il est présent dans les rites funéraires, particulièrement dans les veillées mortuaires et les vénérés (dernier jour de la neuvaine de prières qui suit l’enterrement). Le gwoka accompagne aussi bien les cérémonies religieuses catholiques, que le camping en bord de mer à Pâques et à Pentecôte.

Comment se transmet le Gwoka ?

Depuis son origine, le gwoka s’est transmis de génération en génération. Il peut se transmettre de manière informelle (à la maison ou entre amis, par observation/imitation des chanteurs, danseurs et tanbouyés plus expérimentés) ou formelle (dans les écoles ou au sein des associations de gwoka)

Pourquoi inscrire le Gwoka sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel ?

Le gwoka, en tant qu’expression artistique, renforce l’identité et procure un sentiment de valorisation collective et de fierté individuelle, en portant des valeurs de convivialité, de résistance et de dignité. Sa représentativité et sa vitalité sont essentiellement le fait d’initiatives individuelles et associatives.

L’inscription du Gwoka sur la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO permet, entre autres :
-  Une reconnaissance mémorielle collective et individuelle
-  Une reconnaissance des valeurs universelles qui font humanité que porte le Gwoka
-  Une reconnaissance comme élément représentatif de l’identité de la Guadeloupe
-  Une reconnaissance pour encourager la création à partir du Gwoka

Le Gwoka est ainsi le 13ème élément français inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel.

Crédits photo : Nbrat et Philippe Mugerin

publié le 03/01/2017

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