Découvrez le numéro spécial du magazine Courrier de l’UNESCO : La maison de l’UNESCO

A l’occasion du colloque "Le siège de l’UNESCO : une architecture moderne à Paris", redécouvrez le numéro spécial du magazine Courrier de l’UNESCO, qui retrace l’année zéro de la Maison de l’UNESCO.

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En 1958, le siège de l’UNESCO se déplace de l’Hotel Majestic vers son nouvel écrin : la place de Fontenoy.

Connu dans le monde entier, l’ensemble architectural du siège de l’UNESCO s’impose comme un manifeste des théories du mouvement moderne. Dans l’axe de la Tour Eiffel et du Champ-de-Mars, au cœur du Paris historique, l’édifice symbolise l’image d’une grande institution internationale au service de la paix et de la culture.

Sur le terrain de trois hectares mis à disposition par le gouvernement français, trois architectes (Bernard Zerhfuss, Pier Luigi Nervi et Marcel Breuer) ont conçu trois édifices révolutionnaires à la mesure des buts et besoins de l’UNESCO.
Construite entre le 14 Avril 1955 et Juillet 1956, cette enfilade de béton vient s’inscrire dans la continuité de la place de Fontenoy. C’est une prouesse technique autant qu’architecturale et esthétique.

Cette prouesse se traduit tout d’abord grâce à l’audace et à l’esprit d’innovation dont ont fait preuve les trois architectes. Ces derniers ont su se soustraire aux conventions architecturales de leur temps pour proposer un édifice où la liberté de création et d’expérimentation fut le mot d’ordre.

Le numéro spécial de l’UNESCO met en avant une architecture empreinte de liberté :

- Liberté de formes

Si l’UNESCO prône une solidarité intellectuelle et morale de l’humanité dans les messages qu’elle véhicule, les concepteurs de son siège ont également voulu exprimer la solidarité en se servant de matériaux issus du monde entier.

C’est le cas par exemple avec l’utilisation de quartzite norvégien pour le sol, d’aluminium belge pour les parois, de verre français ou encore de bois de teck birman… Le bâtiment n’aurait également pu être construit sans le soutien de nombreux Etats membres, qui ont permis de lui offrir une architecture audacieuse et inédite au cœur de Paris, un « cadre classique pour une construction moderne » comme l’explique le numéro spécial du Courrier de l’Unesco à la page 10 (novembre 1958 XIe année).

Le Secrétariat a effectivement été édifié selon une forme « d’Etoile à 3 branches » complétée par le bâtiment des Conférences. Cette « étoile à trois branches » prend en réalité la forme d’un Y dont les branches courbes ont été pensées, esthétiquement mais surtout, fonctionnellement, afin de permettre d’installer des bureaux en enfilade, facilitant ainsi la communication. Chaque aile a alors pu être pensée et développée à partir du foyer central de l’étoile.

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Le Bâtiment des Conférences, quant à lui, interpelle par sa forme en accordéon, et son système de toiture original, composé d’un jeu d’angles rentrants et sortants, créant un pliage insolite. Il faut aussi noter que l’édifice se trouve à cinq mètres au-dessus du sol, élevé par soixante-douze pilotis qui offrent une véritable dynamique à l’espace, idée absolument révolutionnaire pour l’époque et le lieu.

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-  Liberté de matériaux

Par ailleurs, l’architecture de l’UNESCO achevant la place de Fontenoy, doit son aspect innovant à l’utilisation du béton armé, un matériau peu coûteux, fonctionnel et enfin très plastique, qui se fait l’instrument d’une liberté dont l’architecture moderne ne tire pas assez parti. Nous retrouvons du béton armé nu également à l’intérieur du bâtiment, habillé de poutres et de poteaux en bois qui donnent cet aspect brut et original à l’édifice.

-  Liberté de contrastes

Ici, le prosaïsme devient art. Le béton armé devient l’égal des matériaux les plus nobles. C’est cet usage permanent de l’accentuation et du contraste qui donne son caractère à l’UNESCO.
En effet, la richesse des oppositions est impressionnante, par exemple entre les angles rentrants et sortants du toit du bâtiment des Conférences, l’alternance entre les matériaux (bois, béton, verre, aluminium…), les jeux de contraste entre l’ossature du bâtiment et les remplissages, les combinaisons lumineuses accrues par l’inversion, à chaque étage des lames de travertin, ou encore les rainures, sillons et trous circulaires modelés dans le béton afin de l’animer (cf. « Dans la courbure de la façade, le thème des angles droits et aigus » page 7 du numéro spécial du Courrier de l’Unesco de novembre 1958).

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Le magazine promeut le nouveau lieu d’expérimentation des maîtres de l’art moderne :

La conception de l’édifice a réuni des acteurs internationaux, mais également des artistes de tous horizons, qui ont été choisis, non pas pour leur appartenance à une mouvance artistique, mais en tant qu’interprètes reconnus de l’art contemporain, comme le décrit le numéro spécial du Courrier de l’Unesco de novembre 1958.
Par exemple, le célèbre jardin japonais a été pensé par le designer Isamu Noguchi, et réalisé grâce à l’expertise de jardiniers japonais. Nous retrouvons également des œuvres d’artistes célèbres pour orner l’esplanade (la statue d’Henry Moore et le mobile de Calder), ou encore le Hall des Délégués, peint par Pablo Picasso et Rufino Tamayo.

Les plasticiens Afro Basaldella, Roberto Matta ou Karl Appel sont aussi de la partie (cf. biographies dans le numéro spécial du Courrier de l’Unesco de novembre 1958). Mais parmi les célébrités ayant contribué à l’esprit d’innovation artistique de l’UNESCO, l’une des plus notables est sans doute Joan Miro. Ce dernier a décoré, en compagnie de Llorens Artigas, deux murs en céramique du bâtiment, contribuant ainsi à sa renommée. Il s’exprimera même en disant que sa « dernière œuvre est un mur ».

-  Une liberté architecturale, mais également artistique !

Dès 1955 la direction de l’Organisation le charge de peindre deux murs perpendiculaires de 3 mètres de haut et 15 et 7,5 mètres de long, soit un travail colossal pour l’artiste.

C’est pourquoi il propose de réaliser des céramiques dites «  terres de grand feu » en collaboration avec Llorens Artigas. Il y associe également les architectes de l’UNESCO et les divers ouvriers du chantier afin d’intégrer efficacement son œuvre à l’ensemble architectural, une vision des choses inédite à l’époque. Il souhaite, comme les architectes, jouer avec la notion de contraste. Il illustre cette idée, d’abord sur des petites maquettes, qu’il va présenter au Comité de direction. La maquette représentant le grand mur est ornée d’un grand disque rouge, et celle représentant le petit mur comporte sa réplique, un petit croissant bleu. Miro oppose ainsi, dans toute son œuvre un graphisme brutal et dynamique à des aplats de couleurs plus doux. Il joue, comme les architectes, sur les contrastes et les dissensions plastiques.

  • Puis vient la seconde étape où Artigas aide Miro sur la réalisation technique de son projet. Comment effectuer ces fresques immenses en céramique ? Comment prévoir la résistance des matériaux aux températures élevées ?

Llorens Artigas a fourni pour cela, un véritable travail d’alchimiste, cherchant la juste matière, mêlant une diversité d’éléments naturels tels que les sables de Fontainebleau, le cobalt, l’argile d’Alcañiz ou encore l’uranium, pour obtenir la texture idéale.

Les deux artistes voyagent pour trouver l’inspiration, par exemple à Santillana del Mar, pour s’imprégner des peintures pariétales d’Altamira. Ils reviennent enrichis de ces voyages, et grâce à leur audace, trouvent de nouveaux outils plastiques, ils prennent le risque de peindre avec un balai par exemple, et puisent l’inspiration dans l’irrégularité de la matière.

C’est ainsi que sont créées les 35 fournées de céramiques en 1958, mélangées aux autres matériaux utilisés, soit 25 tonnes de bois, 4000kg de terre, 200kg d’email ou encore 30kg de couleurs.

Ce travail d’expérimentation colossal vient donner un caractère totalement inédit à l’UNESCO, qui devient dès lors un foyer de la création contemporaine à Paris, où se réunissent les meilleurs artistes du moment.

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Le siège de l’UNESCO, une architecture moderne à Paris - 1er Juin 2016 @Maison de l’UNESCO

Le colloque se propose de rappeler l’histoire de la construction du siège de l’UNESCO, inauguré à Paris en 1958, quelques années après l’installation de l’ONU à New York. Ouvert au grand public et aux amateurs d’architecture, il s’adresse à tous ceux qui souhaitent s’informer et débattre sur le contexte urbain parisien autour de l’évolution des bâtiments historiques de l’UNESCO et de ses architectes.

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publié le 27/05/2016

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