Champagne : Coteaux, Maisons et Caves

L’association Paysages du Champagne organise et élabore le dossier de candidature au Patrimoine mondial de l’UNESCO intitulé « Coteaux, Maisons et Caves de Champagne »

1- Identification du Bien

État partie : France
État, province ou région : Région Champagne-Ardenne
Département de la Marne
Nom du Bien : COTEAUX, MAISONS ET CAVES DE CHAMPAGNE

2- Description textuelle des limites du Bien proposé pour inscription

La candidature des Coteaux, Maisons et Caves de Champagne à une inscription sur la liste du Patrimoine
mondial est celle d’un paysage culturel évolutif vivant. Cette candidature ne se résume pas à la
présentation d’un bien vitivinicole classique mais fait la démonstration d’un système agro-industriel qui
a profondément marqué l’organisation territoriale et sociale de la Champagne, suivant ainsi et parfois
même anticipant les grands courants de pensées issus de la révolution industrielle. Ce caractère industriel,
souvent caché derrière l’image luxueuse véhiculée par les vins de Champagne, est un patrimoine vivant
dont l’exploitation est la meilleure garantie de sa préservation. Le caractère exceptionnel du Champagne
réside également dans sa dimension symbolique partagée dans le monde entier. Ce vin est depuis son
origine associé à la fête, la célébration et à la réconciliation. Fait rare, la récente mais réelle démocratisation
du Champagne s’est faite sans altérer sa qualité ni son caractère d’exception. De ces symboles partagés est
née l’universalité d’un message à travers ce produit. Le paysage agro-industriel des Coteaux, Maisons et
Caves de Champagne en offre aujourd’hui un témoignage exemplaire.

Le Bien proposé à l’inscription est composé de 14 éléments constitutifs (coteaux plantés de vignes, villages
viticoles, quartiers industriels et ensembles souterrains) représentant la Valeur Universelle Exceptionnelle
des Coteaux, Maisons et Caves de Champagne. Il s’agit d’éléments exclusivement liés au processus de
production et d’élaboration du vin de Champagne et à ses implications sociales et culturelles, répondant
aux exigences d’authenticité, d’intégrité, de gestion et de complémentarité typologique et historique, et
dont la lecture d’ensemble offre une interprétation complète du paysage agro-industriel vivant champenois.
Les 14 éléments constitutifs de la série sont regroupés dans les trois ensembles majeurs que sont : les
coteaux historiques d’Hautvillers, Aÿ et Mareuil-sur-Aÿ, la colline Saint-Nicaise à Reims et l’avenue de
Champagne à Épernay.

2.1- Les coteaux historiques d’Hautvillers, Aÿ et Mareuil-sur-Aÿ

Ils concentrent 7 éléments constitutifs caractérisés
par des coteaux plantés de vignes et un
urbanisme viticole rural représentatifs du bassin
d’approvisionnement nécessaire à l’élaboration du
Champagne. La chaîne de production y est représentée
par l’importance du vignoble ainsi que par le
patrimoine architectural et les caves.

Vendangeoir Sainte Hélène, Hautvillers
Abbaye d'Hautvillers
Vignes
Château de Mareuil
Hautvillers
Caves de Mareuil
Vignoble
Escalier industriel, Ay
Abbaye, Hautvillers

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2.1.1- Les coteaux d’Hautvillers

Ce site est emblématique des cirques viticoles
champenois. Au coeur de cet amphithéâtre, le village
d’Hautvillers est établi au-dessus du coteau crayeux
surmonté de couches d’argile et de sable qui forment
la ligne de sources. Ces coteaux associent un
patrimoine paysager et vernaculaire représentatif de
la conduite de la vigne champenoise, du système
d’approvisionnement en raisin et de production des
vignerons et des coopératives. L’abbaye d’Hautvillers
témoigne de l’héritage viticole puisque c’est ici
que le moine bénédictin Dom Pérignon a joué un
rôle essentiel dans la genèse du Champagne.

2.1.2- La cave Thomas

La présence d’un sous-sol meuble et de la nappe
aquifère sous le village d’Hautvillers empêche le
creusement de caves solides. Ceci a conduit l’abbaye
d’Hautvillers à creuser en 1673 la cave Thomas
à mi-coteau, en bordure du chemin qui descend
d’Hautvillers vers Cumières, sous la conduite de
Dom Pérignon.

2.1.3- Les caves coopératives d’Hautvillers

Pour la même raison que la cave Thomas, les
caves des coopératives d’Hautvillers ont été creusées
à la fin du XIXe siècle en contrebas du village
et forment de longues galeries où la craie affleure
parfois, consolidées de voûtes en meulière ou en
alternance de brique et carreau de craie.

2.1.4- Les coteaux d’Aÿ

Les coteaux d’Aÿ font face à la vallée de la
Marne dans sa partie la plus large, qui lui vaut le
nom de « Grande vallée ». Le vignoble s’y étend
sur une grande profondeur, du plateau boisé aux
prés inondables, avec des vignes en pente très raide
et d’autres en ondulations douces. Il porte depuis
au moins quatre siècles une quasi-monoculture
de vigne. Au pied du coteau, Aÿ est un bourg
historiquement important, aux maisons serrées,
avec un réseau est-ouest de rues principales et un
réseau nord-sud de voies secondaires et de venelles,
entouré d’un mur d’enceinte qui a laissé place à
une ceinture de boulevards. Parmi ceux-ci, celui du
Nord, à l’articulation de la ville et du vignoble, a
été investi par plusieurs Maisons de Champagne.

2.1.5- Les caves d’Aÿ

Le bourg d’Aÿ présente, d’une part, de nombreuses
caves traditionnelles de vignerons sous la
plupart des maisons d’habitation et, d’autre part,
des galeries creusées sous les coteaux par les grands
établissements du boulevard du Nord (Maisons
Deutz, Ayala, Bollinger, et Coopérative générale
des vignerons). Ces galeries unissent la partie urbanisée,
par laquelle on y accède, avec le vignoble, où
débouchent les essors (cheminées de ventilation).

2.1.6- Les coteaux de Mareuil-sur-Aÿ

Dominant la Marne à l’endroit où elle quitte la
plaine de Champagne pour entrer dans la « Grande
Vallée », les coteaux de Mareuil offrent une large
vue, non seulement sur Épernay et la vallée de la
Marne comme ceux d’Hautvillers et d’Aÿ, mais
aussi sur la plaine, loin vers l’est. Moins profonds
que ceux d’Aÿ, ils présentent cependant une diversité
d’aspects, grâce à des expositions variées. Situé
comme Aÿ au pied du coteau, le village de Mareuil,
plus petit, est marqué par la présence du Château de
Montebello. Celui-ci est non seulement une belle
construction néo-classique, avec un parc jusqu’à la
Marne et un jardin clos au-dessus, mais aussi un
domaine de production, avec ses communs abritant
pressoir et cuverie, et une tourelle de bureaux servant
aussi de belvédère.

2.1.7- Les caves de Mareuil-sur-Aÿ

Le sous-sol de Mareuil-sur-Aÿ porte également
l’empreinte du Château de Montebello, avec ses
larges galeries voûtées creusées dans la craie, sous
les bâtiments et les jardins, ainsi que ses caves
extérieures, aujourd’hui occupées en partie par la
Maison Philipponnat. Il faut y ajouter les caves de
la Maison Billecart-Salmon dans un autre secteur
du village.

2.2- La colline Saint-Nicaise à Reims

Ce site est emblématique de l’intégration spatiale
du processus de fabrication du Champagne et
de l’intervention des Maisons de Champagne sur
la structuration urbaine. Cet ensemble comprend
4 éléments constitutifs illustrant les composantes
du processus de production industrielle, dont 3 en
souterrain.

Cave, Reims
Crayère, Reims
Cuverie, Reims
Vendanges

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2.2.1- La partie aérienne de la colline Saint-Nicaise

Située en limite de ville, à proximité du vignoble
et des principales voies de communication, la colline
rassemble des clos de vigne urbains, des espaces
publics majeurs et de vastes parcs. Le patrimoine
bâti est composé de bâtiments industriels qui jouent
aussi un rôle de représentation et de séduction de la
clientèle, ainsi que d’un habitat patricien des dirigeants
des Maisons de Champagne (ici représenté
par le Château des Crayères et la Villa Demoiselle).
En surface, la trace de l’espace souterrain est
perceptible grâce aux essors (qui réutilisent les
ouvertures à l’extrémité des cônes des anciennes
crayères, par lesquelles étaient extraites les pierres),
émergeant dans les clos ou dans les parcs.
Enfin, la colline est marquée par les témoignages
du mécénat et des actions sociales d’entreprises,
avec le Parc de Champagne, créé pour l’activité
sportive des employés de la Maison Pommery, la
cité-jardin du Chemin Vert et sa remarquable église
Saint-Nicaise, décorée par René Lalique et Maurice
Denis.

2.2.2- Les caves Charles Heidsieck, Ruinart, Pommery et Veuve-Clicquot

La partie souterraine de la colline Saint-Nicaise
est ici représentée par un premier ensemble en
dehors de l’enceinte médiévale, le plus étendu,
regroupant les crayères Charles Heidsieck, Ruinart,
Pommery et Veuve-Clicquot, ainsi que les galeries
qui les unissent. Ces éléments constitutifs illustrent
le « génie champenois » par la réutilisation d’anciennes
crayères, véritables cathédrales souterraines longtemps abandonnées, en tant que caves toujours
en activité. Ces crayères antiques et médiévales,
reliées par des galeries de jonction, sont utilisées
comme espaces de vinification et de stockage.

2.2.3- Les caves Taittinger

À l’intérieur de l’enceinte médiévale, à l’emplacement
de l’ancienne abbaye Saint-Nicaise, les
caves de la Maison Taittinger sont également installées
dans d’anciennes crayères, ainsi que dans des
sous-sols de l’abbaye.

2.2.4- Les caves Martel

Non loin, dans l’ancien faubourg Saint-Nicaise,
la Maison Martel s’est installée dans un bâtiment
XVIIIe en carreau de craie, au-dessus de crayères
parmi les plus anciennes, aujourd’hui aménagées
en musée des techniques vitivinicoles.

2.3- L’avenue de Champagne à Épernay

L’avenue de Champagne est un exemple particulièrement
marquant de création ex nihilo d’un
cadre de production, qui correspond à 2 éléments
constitutifs, un aérien et un souterrain. En effet,
elle regroupe vignes, bâtiments industriels, caves,
bâtiments d’accueil et de prestige. Son histoire
raconte celle de la naissance, de l’essor et de
l’actualité des Maisons de Champagne, tant pour
le développement des outils de production et des
infrastructures de communication (vers Paris, puis
les capitales européennes, et enfin le monde entier)
que des immeubles de représentation. A proximité
immédiate de l’avenue de Champagne est implanté
le dernier élément constitutif, le Fort Chabrol,
centre de recherche viticole qui occupe une place
particulière dans l’histoire du vignoble champenois.

Avenue de champagne, Epernay
Ancien cellier, Epernay
Hôtel de ville, Epernay
Château de Pékin, Epernay
Orangerie, Eperney
Cuverie, Epernay
Caves Moet et Chandon, Epernay

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2.3.1- La partie aérienne de l’avenue de Champagne

Les négociants de vins de Champagne qui s’installent
dans cette rue, à partir de la fin du XVIIIe
siècle, construisent de vastes sites de production,
puis d’élégantes résidences au XIXe siècle, dont
les plus majestueuses sont appelées « châteaux ».

2.3.2- La partie souterraine de l’avenue de Champagne

On peut parler du réseau de caves de l’avenue
de Champagne comme d’une véritable ville sous la
ville, à la fois par son étendue, ses liaisons et son
dessin relativement indépendant du bâti, qui en
font un ensemble ayant sa propre cohérence. Les
caves de Champagne, richesse territoriale unique,
ont été creusées dès la fin du XVIIIe siècle et durant
tout le XIXe. La nature meuble du sous-sol de craie
se prêtant à ces travaux de terrassement, de longues
galeries furent réalisées, mettant certaines d’entre
elles en communication directe avec le canal, puis
avec le chemin de fer.

2.3.3- Le « Fort Chabrol »

A proximité de cette concentration de patrimoine
lié à la production et à la représentation, le
Fort Chabrol apporte un témoignage unique sur
les savoir-faire développés pour préserver les vignes
et sur la solidarité entre les acteurs du Champagne.
Édifié suite à l’apparition du phylloxéra, ce centre
de recherche viticole jouera un rôle fondamental
dans la reconstitution du vignoble champenois.

3- Critères selon lesquels le Bien est proposé pour inscription

3.1- Critère (iii) :

« apporter un témoignage
unique ou du moins exceptionnel sur une tradition
culturelle ou une civilisation vivante ou
disparue »

3.2- Critère (iv) :

« offrir un exemple éminent
d’un type de construction ou d’ensemble architectural
ou technologique ou de paysages illustrant
une ou des période(s) significative(s) de l’histoire
humaine »

3.3- Critère (vi) :

« être directement ou matériellement
associé à des événements ou des traditions
vivantes, des idées, des croyances ou des oeuvres
artistiques et littéraires ayant une signification
universelle exceptionnelle »

4- Projet de déclaration de Valeur Universelle Exceptionnelle

4.1- Synthèse

Au nord-est de la France, sur des terres
froides et crayeuses, souvent ravagées par les
guerres, les Coteaux, Maisons et Caves de Champagne
présentent un paysage agro-industriel
spécifique, entre vignes qui représentent le bassin
d’approvisionnement et villages ou quartiers de
villes qui concentrent les fonctions de production
et de commercialisation. Les impératifs de production
des vins de Champagne ont généré une organisation
ternaire originale, fondée sur un urbanisme
fonctionnel, une architecture de prestige et un
patrimoine souterrain.

Ce système agro-industriel, qui structure le paysage,
mais aussi l’économie et la vie quotidienne
locales, résulte d’un long processus d’aménagement,
d’innovations techniques et sociales, de mutations
industrielles et commerciales qui ont accéléré le
passage d’une culture artisanale à une production
de masse, à la diffusion planétaire.
Cette évolution, où les femmes et les héritiers
franco-allemands des anciennes foires de Champagne
jouent un rôle singulier, s’enracine historiquement
dans les coteaux d’Aÿ à Hautvillers, au
coeur du vignoble, avant de s’étendre aux XVIIIe et
XIXe siècles dans les deux villes les plus proches :
la colline Saint-Nicaise à Reims et l’avenue de
Champagne à Épernay qui sont de pures créations
de l’activité vitivinicole champenoise.

Ces trois ensembles constitutifs du Bien
incarnent le terroir du Champagne et allient les
fonctions de cadre de vie, cadre de travail et vitrine
d’un savoir-faire traditionnel. Ils sont le lieu de
création de la méthode de référence de la vinification
effervescente, qui se diffuse et sera copiée à
travers le monde à partir du XIXe siècle et jusqu’à
aujourd’hui. Produit d’excellence, le Champagne
est reconnu comme le symbole universel de la fête,
de la célébration et de la réconciliation.

4.2- Justification des critères

4.2.1- Critère (iii)

Les Coteaux, Maisons et Caves de Champagne
sont le résultat de savoir-faire perfectionnés au fil
des générations, d’une organisation interprofessionnelle
exemplaire et d’une protection de l’appellation,
ainsi que du développement séculaire de
relations interculturelles et d’innovations sociales.

Par le développement de savoir-faire traditionnels,
les Champenois ont su dépasser les handicaps :
dans le vignoble (climat difficile et sols crayeux peu
fertiles), dans la viniculture avec les techniques maîtrisées
de l’effervescence, de l’assemblage et de la
mise en bouteille. Au fil des siècles, les Champenois
ont constamment recherché l’innovation technologique
s’exprimant dans la vitiviniculture mais aussi
dans les métiers et industries qui lui sont liés, pour
atteindre un niveau extrême de qualité. L’équilibre
entre vignerons et Maisons de Champagne a initié
une structuration pionnière et toujours active de
l’interprofession.

L’histoire du Champagne se caractérise par une
forte ouverture à l’international : les Britanniques
ont joué un rôle important dans le développement
technologique (industrie du verre et chemin de fer)
et l’évolution du goût. Les Allemands ont apporté
leur esprit d’entreprise et des réseaux commerciaux.
Les femmes y ont occupé une place particulière,
qu’il s’agisse des célèbres veuves à la tête de grandes
Maisons ou de vigneronnes anonymes. Les innovations
ont aussi été sociales grâce au mécénat,
dont l’emblème est la cité-jardin du Chemin Vert
à Reims.

4.2.2- Critère (iv)

Héritage d’une pratique viticole et vinicole
perfectionnée au cours des siècles, le processus de
production du Champagne repose sur un bassin
d’approvisionnement (le vignoble), des lieux d’élaboration
(les vendangeoirs, les caves), de commercialisation
et de distribution (les Maisons). Ces
divers éléments sont fonctionnellement imbriqués
et intrinsèquement liés au substrat, la craie, support
de la vigne, facile à creuser et que l’on retrouve
dans l’architecture.

L’élaboration du Champagne, reposant sur une
deuxième fermentation en bouteille, a nécessité la
constitution de vastes réseaux de caves reliés à des
infrastructures de transport. L’exploitation à Reims
d’anciennes carrières de craie médiévales, voire
gallo-romaines, ainsi que le creusement de caves
adaptées à Épernay et sur les coteaux ont donné naissance à un paysage souterrain exceptionnel :
c’est la face cachée du Champagne.

Ce vin ayant été exporté à travers le monde dès le
XVIIIe siècle, le développement du négoce a généré
en Champagne un urbanisme spécifique, dont les
sites du Bien sont particulièrement représentatifs.
Avec un souci de rationalisation et de représentation,
de nouveaux quartiers s’organisent autour de
bâtiments de production et de commercialisation,
et d’un patrimoine souterrain remarquable, en
étroite relation avec le vignoble et les voies de communication.

4.2.3- Critère (vi)

Le Champagne porte une image symbolique
unique au monde. Parmi les vins effervescents, le
Champagne reste la référence universelle tant du
point de vue de la notoriété que du prestige.

Dès le début de sa commercialisation, au XVIIIe
siècle, il est associé à l’élite, aux cours royales et
impériales européennes, et à l’art de vivre à la française.
Tout en gardant son image d’excellence, ce
vin se démocratise au XXe siècle et connaît une évolution
des représentations qui lui sont attachées. Il
devient le symbole de la fête et de la célébration, de
la réconciliation et de la victoire (dans le domaine
sportif notamment).

La littérature, la peinture, la caricature, l’affiche,
la musique, le cinéma, la photographie et même la
bande dessinée attestent du rayonnement et de la
permanence de l’image de ce vin unique, qui véhicule
celle de la France.

4.3- Déclaration d’intégrité

Le Bien inclut les éléments les plus représentatifs
et les mieux préservés qui témoignent de la
naissance, la production et la diffusion du Champagne,
par une organisation territoriale et fonctionnelle
symbiotique.

L’ensemble du Bien s’est relevé des guerres, de la
crise du phylloxera, des révoltes de vignerons ; il a
été sans cesse reconstruit et entretenu. Concentrant
les plus grands noms du Champagne, il est au coeur
de son histoire et de son activité.

Les villages des coteaux, contraints par la topographie
et la haute valeur de la vigne, restent préservés
dans leurs limites originelles. Le parcellaire et le
paysage y ont peu évolué, et le bâti est en bon état
de conservation.

Bombardée pendant la Première Guerre mondiale,
la colline Saint-Nicaise a été restaurée et a
conservé sa fonctionnalité, sa valeur architecturale
et son rôle de poumon vert. Les bâtiments ont été
reconstruits à l’identique. Les crayères, toujours
utilisées pour l’élaboration du Champagne, bien
entretenues et confortées, sont, pour beaucoup,
aménagées pour l’accueil du public.

La requalification récente des espaces publics
de l’avenue de Champagne s’accompagne d’un
vaste mouvement de restauration des bâtiments
qui la bordent. Le réseau de caves, parfaitement
opérationnel, est en bon état de conservation. On
déplore seulement l’édification après-guerre de
deux constructions plus hautes, en rupture avec
l’échelle ambiante.

4.4- Déclaration d’authenticité

Le Bien est largement documenté. Les
Maisons, les services publics d’inventaire, le Comité
interprofessionnel du vin de Champagne disposent
de nombreuses archives. A l’occasion du dossier de
candidature, un inventaire du patrimoine architectural
a été réalisé et un premier état des caves a
été lancé (qui sera complété par un inventaire plus
exhaustif ).

Une étude de gravures du XVIe siècle et la
comparaison de vues panoramiques de 1887 avec
l’état actuel, à partir d’une enquête sur le terrain,
établissent que le paysage a été très peu modifié.

Comme dans toute l’Europe, le phylloxera
a décimé le vignoble ; la replantation en vignes
greffées et palissées, et non plus en foule, apporte
peu de changement visible, sinon pour témoigner
de cette crise majeure de l’histoire du vignoble.
Quelques vignes pré-phylloxériques subsistent dans
les clos urbains.

Les coteaux d’Hautvillers, Aÿ et Mareuil-sur-Aÿ,
exportant leur vin depuis au moins 4 siècles sans
interruption, témoignent de la monoculture de
vigne tournée vers le marché extérieur la plus
ancienne de Champagne. Les Maisons ont préservé
leur patrimoine architectural, les décors et le
mobilier d’origine, ou les ont reconstitués. Après la
Grande Guerre ou la révolte des vignerons de 1911,
certains bâtiments ravagés ont été soit reconstruits
à l’identique, à quelques exceptions près, soit refaits
selon une nouvelle inspiration et sont aujourd’hui
d’intéressants témoignages de l’architecture Art
Déco.

4.5- Mesures de gestion et de protection

Le Bien bénéficie d’un dispositif complet de
protection s’appuyant sur des outils réglementaires,
contractuels, de maîtrise foncière et d’inventaire
du patrimoine issus du cadre législatif français et
européen.

De nouveaux outils viennent renforcer ce dispositif,
tels qu’une Aire de mise en valeur de l’architecture
et du patrimoine (AVAP) sur les coteaux
historiques et sur la colline Saint-Nicaise, un Site
classé au titre du Code de l’environnement sur la
zone tampon des coteaux historiques, et enfin des
protections supplémentaires au titre des Monuments
historiques sur l’avenue de Champagne.

Le périmètre de l’Appellation d’origine contrôlée
Champagne, comprenant plus de 300 communes,
est défini comme une zone d’engagement dans le
système de gestion : les communes, la profession
viticole et les autres acteurs s’y engagent, sur une
base volontaire, à préserver et mettre en valeur leur
paysage et leur patrimoine. Cette zone d’engagement
forme l’écrin et le cadre distant du Bien,
mais aussi un ensemble historique et géographique
cohérent, que le Bien résume et sans lequel sa valeur
ne peut être comprise. Elle permet la mise en place
d’une gestion élargie et assure la cohérence des
actions de valorisation paysagère, patrimoniale et
environnementale.

Pour assurer efficacement la conservation de la
VUE, une structure de gestion associative a été mise
en place, et regroupe tous les intervenants publics
et privés, maîtres d’ouvrages et instances représentatives.
Outil de développement régional autant
que de protection, le plan de gestion des Coteaux,
Maisons et Caves de Champagne intègre le cadre
global lié à l’histoire du bien, à son territoire perçu
et vécu.

5- Nom et coordonnées pour les contacts de l’institution / de l’agence locale

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Table panoramique, Champillon

Association Paysages du Champagne
5, rue Henri-Martin
51200 ÉPERNAY

Tel : 03 26 77 42 89
Fax : 03 26 82 52 21

Courriel : amandinecrepin@paysagesduchampagne.fr
Site : www.paysagesduchampagne.com
Twitter : https://twitter.com/ChampagneUnesco
Facebook : https://www.facebook.com/pages/Candidature-Unesco-Coteaux-Maisons-et-Caves-de-Champagne/199521753501330

publié le 25/06/2014

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