Cathédrale de Bourges (1992)

Admirable par ses proportions et l’unité de sa conception, la cathédrale Saint-Étienne de Bourges, construite entre la fin du XIIe et la fin du XIIIe siècle, est l’un des grands chefs-d’œuvre de l’art gothique. Son tympan, ses sculptures et ses vitraux sont particulièrement remarquables. Par-delà sa beauté architecturale, elle témoigne de la puissance du christianisme dans la France médiévale.

Cathédrale de Bourges
Cathédrale de Bourges
Cathédrale de Bourges
Cathédrale de Bourges
Cathédrale de Bourges
Cathédrale de Bourges
Cathédrale de Bourges
Cathédrale de Bourges

Description longue

La cathédrale de Bourges a exercé une influence considérable dans le développement de l’architecture gothique, mais aussi en tant que symbole du christianisme dans la France médiévale. Elle frappe avant tout par son extraordinaire beauté, qui combine à la perfection l’organisation de l’espace avec des proportions harmonieuses et un décor de la plus grande perfection. En tant que tête de pont du domaine capétien face au sud de la France, la cathédrale Saint-Étienne se devait de frapper les esprits. Son architecte anonyme a opté pour un plan dépourvu de transept et pour des effets plastiques extrêmement modernes pour leur temps. La cathédrale est encore entourée par les maisons partiellement construites à colombage de la ville médiévale.

Ville royale depuis 1100, Bourges s’est alors développée en extension et en prospérité. La nouvelle cathédrale gothique était un hymne à l’autorité des archevêques de Bourges, primats d’Aquitaine. Il existait un lieu de culte chrétien sur le site dès le IIIe siècle, époque à laquelle l’Avaricum romain devint la première communauté chrétienne de la Gaule. Une basilique romane consacrée à saint Étienne y fut érigée au XIe siècle, et d’autres monuments religieux se regroupèrent rapidement tout autour. Une petite crypte appartenant à la structure romane a survécu sous la cathédrale actuelle. Au cours du XIIe siècle, on lui ajouta des transepts et une façade occidentale monumentale mais un incendie, au début de la dernière décennie du XIIe siècle, entraîna la reconstruction complète de l’édifice, contemporaine de la phase principale du chantier de Notre-Dame de Paris.

En 1195, l’archevêque Henri de Sully décida de rebâtir la cathédrale dans le nouveau style gothique, en partant de son chevet. Les travaux se poursuivirent durant tout le XIIIe siècle. La nouvelle cathédrale fut construite sur un plan simple mais harmonieux : de forme basilicale, celui-ci comporte des chapelles entourant la nef, deux nefs latérales, un double déambulatoire et pas de transept. La perspective offerte par les murs latéraux et l’unité de l’espace interne sont les traits les plus remarquables de cet édifice. Les principes architecturaux qui ont présidé à la construction sont déjà perceptibles dans son chevet : la composition pyramidale de l’élévation et ses audacieux doubles contreforts visent à créer des effets de perspective et d’harmonie des volumes à l’intérieur de l’édifice.

En 1199, l’archevêque Guillaume de Dangeon, un ancien abbé cistercien, succéda à Henri de Sully. Il joua un rôle important dans le développement de l’édifice et dans la définition de son programme iconographique : la cathédrale fut dès lors comprise comme un tout, avec ses décors sculptés et ses vitraux qui affirment l’autorité de la doctrine religieuse face à l’hérésie. Le second stade de la construction, comprenant la nef et la façade occidentale, était achevé vers 1230 ; cinq portails sculptés complétaient la façade. Les architectes qui avaient pris la relève du premier maître bâtisseur de l’édifice conservèrent la cohérence et la simplicité apparente de son programme, l’absence de transept contribuant à donner un effet d’espace unitaire.

Au début du XIIIe siècle, on ajouta des vitraux à trois niveaux du chœur ; ils représentent le Christ du Jugement dernier et l’Apocalypse, la Vierge Marie et saint Étienne entourés par les guildes professionnelles, des scènes parallèles de l’Ancien et du Nouveau Testament, la vie de saints et de martyrs, les archevêques de Bourges, les prophètes et les apôtres.

Le tympan du portail central, sur la façade occidentale, est occupé par une représentation sculptée saisissante du Jugement dernier, qui est à la fois réaliste et hors du temps : l’Enfer y pullule de démons et de créatures tourmentées par le désespoir. Les sculptures des portails nord et sud, et le Jugement dernier de la façade occidentale, sont d’importants exemples de l’art de cette période.

Parmi les autres édifices historiques situés près de la cathédrale on note une grange des dîmes du XIIIe siècle, les éléments conservés de l’archevêché du XVIIe siècle devenu l’hôtel de ville et les jardins à la française de la cathédrale. Cette dernière est demeurée aujourd’hui à peu près dans son état de la fin du XIIIe siècle, même si beaucoup d’éléments ont été remplacés au fil des siècles, comme ce fut le cas pour toutes les cathédrales gothiques.

Description historique

Il y a sur le site un centre de culte chrétien depuis le 3ème siècle ; en effet, c’est à cette époque que Bourges, alors la ville romaine d’Avaricum, est la première communauté chrétienne de Gaule. La cathédrale romane Saint-Etienne est construite au 11ème siècle et d’autres bâtiments religieux l’entourent rapidement. Il reste une petite crypte de structure romane sous l’actuelle cathédrale.

Au 12ème siècle, des transepts sont rajoutes, ainsi qu’une structure monumentale sur le devant, a l’ouest. Cependant, à la suite de plusieurs incendies au début des années 1190, une reconstruction complète s’avère nécessaire, à la même époque que les principaux travaux de construction de Notre-Dame de Paris. Les travaux commencent en 1195 et se poursuivent tout au long du 13ème siècle.

Le plan de la nouvelle cathédrale est simple mais harmonieux. Il s’agit d’une forme de basilique avec des chapelles qui entourent la nef. Les caractéristiques les plus remarquables de la cathédrale sont la perspective des murs latéraux et l’unité de l’espace intérieur. Les sculptures situées aux portes nord et sud et le tympan du Jugement dernier au portail central sur la façade ouest constituent des exemples exceptionnels de l’art de l’époque. Les vitraux sont eux aussi d’une qualité admirable.

Parmi les autres bâtiments historiques dans le pourtour de la cathédrale, citons la grange des dimes (13ème siècle), les éléments restants du palais archiépiscopal qui sont désormais devenus l’Hôtel de Ville, et les jardins a la française de la cathédrale.

publié le 08/07/2014

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